Boeing remporte le contrat ESS de 2,8 milliards de dollars
L’ US Space Force a attribué un contrat de 2,84 Md$ à Boeing pour le développement et la production des deux premiers satellites de télécommunications militaires dans le cadre du programme ESS (Evolved Strategic Satellite).
ESS vise à remplacer le programme NC3 (Nuclear Command, Control, and Communications) capacités actuellement fournies par la constellation AEHF (Advanced Extremely High Frequency) opérationnelle depuis 2010 et qui assure aujourd’hui les communications militaires stratégiques américaines.
Le contrat prévoit la livraison de deux satellites ESS d’ici à 2033, avec une option pour deux satellites additionnels. Il s’inscrit dans un programme élargi de 12 milliards de dollars, intégrant des améliorations techniques majeures.
Avec une architecture résiliente, l’ESS garantira que la triade nucléaire (c’est-à-dire les trois moyens différents de lancer une arme nucléaire : aérien, terrestre et maritime) modernisée de l’Amérique fonctionne comme une capacité dissuasive face aux menaces conventionnelles et nucléaires.
Chaque satellite ESS sera équipé de charges utiles résilientes aux brouillages, de systèmes de cryptographie de nouvelle génération, et de processeurs adaptatifs capables d’isoler les tentatives de perturbation.
Le programme ESS intègre aussi des satellites adaptés aux zones arctiques, où la couverture AEHF est partielle. Cela reflète l’évolution de la stratégie américaine vers une projection des capacités militaires dans les hautes latitudes, face aux ambitions russes et chinoises dans l’Arctique.
Sur le plan industriel, Boeing assurera la conception, l’intégration et les essais de ces plateformes. La date de lancement n’a pas été fixée, mais le calendrier fixe une mise en service initiale vers 2033. D’ici là, les satellites AEHF resteront opérationnels en parallèle.
Le contrat renforce la position de Boeing face à Lockheed Martin et Northrop Grumman lequel avait obtenu un contrat de prototype en 2020. Il remet aussi en question les standards industriels en faveur de solutions plus modulaires, plus rapides à valider, et moins risquées à grande échelle.
Il s’inscrit également dans une stratégie plus large de coopération internationale, avec des références à l’architecture britannique Skynet, ou encore à des systèmes OTAN.
L’objectif américain est clair : garantir une supériorité informationnelle en environnement contesté, quel que soit le théâtre opérationnel.

